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Autobhan : voici pourquoi il n'y a pas de limitation de vitesse

La première route à voie rapide au monde fut construite en Allemagne en 1921, d’une longueur de 8.3 km, elle relie Grunwald et Berlin et a été mise en service le 24 septembre 1921. Elle fut également considérée comme le circuit le plus rapide du monde. Le circuit «Automobil-Verkehrs- und Übungs-Straße GmbH ou AVUS (acronyme traduisible par "Route de circulation et d'essais automobiles") a été pensé en 1909. C'est l'Italie construira en 1924 la première autoroute au monde avec l'autoroute des Lacs (autostrada) qui relie Milan à la région des Lacs (85 km ).



La première autoroute allemande est inaugurée le 6 août 1932 par Konrad Adenauer à la fin de la République de Weimar. Elle relie Cologne à Bonn et est limitée à 120 km/h, ce qui à l’époque vaut bien une absence de limite. Auparavant des projets de voies rapides avaient déjà émergé. Ce n'est donc pas le Führer Adolf Hitler qui en est l'instigateur contrairement aux idées reçues, mais il en fut néanmoins celui qui développera le réseau autoroutier (autostrade) pour ses fins de propagandes Nazies.



Longueurs du réseau autoroutier dans le temps :


- 1935: 108 km

- 1936: 1.087 km

- 1937: 2.010 km

- 1939: 3.301 km

- 1940: 3.737 km

- 1943: 3.896 km

- 1950: RFA = 2.128 km, RDA = 1.375 km, Total = 3.503 km

- 1956: RFA = 2.261 km, RDA = 1.376 km, Total = 3.637 km

- 1963: RFA = 3.077 km, RDA = 1.415 km, Total = 4.492 km

- 1975: RFA = 6.207 km, RDA = 1.667 km, Total = 7.874 km

- 1988: RFA = 8.721 km, RDA = 1.957 km, Total = 10.678 km

- 1992: 11.013 km

- 2005: 12.174 km


Les Nazis voulaient entre autre s'attirer les faveurs de son peuple en résorbant le chômage par de grands chantiers, et aussi de manière cachée, créer des infrastructures leurs permettant de développer leurs industries et déplacement à des fins militaires, et ce à l'aube de ce qui sera la Seconde Guerre Mondiale.



C'est ainsi que le 11 février 1933, quelques jours seulement après son accession au pouvoir, Hitler prononce un important discours devant les industriels allemands, lors de l'exposition internationale des automobiles et des motocycles qui se tient sur le Kaiserdamm à Berlin. Présentant l'automobile comme l'industrie de l'avenir, Hitler annonce la mise en place d'un grand plan de construction routière sous le contrôle de l'Etat. L'opération est confiée en juin 1933 à Fritz Todt, qui reçoit le titre d'inspecteur général des voies routières allemandes. Elle porte sur la construction de 5 à 6000 kilomètres d'autoroutes dans le cadre d'un vaste programme de "chantiers national-socialistes". Le fleuron de l'opération doit être la construction d'une autoroute de plus de 800 kilomètres, traversant toute l'Allemagne du Nord au Sud et reliant Hambourg à Bâle (la HAFRABA, Hansestädte-Francfort-Bâle).



Le "constructeur d'autoroutes" fait entièrement partie du mythe du Führer et contribue à sa popularité au sein des masses allemandes à la fin des années trente. L'objectif de la construction d'autoroute est double et peut servir la propagande du régime sous deux angles différents : il s'agit tout d'abord de lutter contre le chômage, les travaux devant fournir un emploi à plusieurs centaines de milliers de travailleurs. Mais les autoroutes doivent également symboliser l'entrée de l'Allemagne dans une nouvelle ère, celle de la technique et de la modernité.



Le 5 juillet 1933, L’Allemagne entame le projet Autobahn, le terme officiel est Bundesautobahn (ou BAB, « autoroute fédérale »).

Les die Autobahnen été construites avant que le pays n’ait suffisamment de véhicules à moteur pour justifier la dépense. Seuls les riches ou les puissants en Allemagne pouvaient se permettre des automobiles. Hitler avait souligné ce problème dans un discours prononcé le 3 mars 1934 au Salon international de l’automobile et de la moto de Berlin :

On ne peut que dire avec une profonde tristesse qu’à l’époque actuelle de la civilisation, le citoyen ordinaire qui travaille dur n’a toujours pas les moyens de se payer une voiture, un moyen de transport moderne et une source de plaisir pendant les heures de loisirs. Il faut avoir le courage d’affronter les problèmes et ce qui ne peut être résolu en un an peut devenir un fait établi dans les dix ans.

Hitler avait l’intention de fournir une petite « voiture du peuple » abordable (Volkswagen) avec laquelle son peuple pourrait remplir l’autoroute.



Le réseau routier allemand est devenu alors le réseau le plus développé au monde, rendant même les américains jaloux au point qu'ils vont s'en inspirer. Et si les ambitions à ce sujet étaient atteintes, ce ne fut pas le cas du bilan des accidents de la route. Si au début le nouveau régime Nazi adoptait une attitude laxiste sur les routes, en laissant toute latitude aux automobilistes, le gouvernement du Reich justifiait cette anomalie en arguant que les bons nationaux-socialistes n’abuseraient pas de leur liberté d’expression automobile, toute conduite imprudente ou irresponsable derrière le volant serait fondamentalement «anti-nationale socialiste», tempêtait alors le Völkischer Beobachter, organe de presse officiel du parti nazi, il va vite déchanter, puisque de 1933 à 1939, les accidents de la circulation ont fait entre 6.500 et 8.000 morts en Allemagne; les routes de la nation nazie étaient alors les plus dangereuses d’Europe. Le carnage concernait également les nouvelles autoroutes, en dépit de l’absence relative de bouchons et de trafic croisé. Hitler était furieux: les routes lui volaient des Allemands sains de corps et d’esprit, qui auraient dû venir grossir les rangs de l’armée ou d’autres services cruciaux. «Les [automobilistes] qui privent la nation de 7.000 morts et d’entre 30.000 et 40.000 blessés sont un fléau du peuple, affirmait-il alors. Leurs actes sont irresponsables, et ils doivent donc être punis, naturellement.» Cette punition ne s’appliquera bien évidemment qu’aux conducteurs et aux conductrices n’ayant pas déjà mis fin à leurs jours.



Mue par la volonté de stopper l’hémorragie de sang valide, l’administration d’Hitler a modifié le code de la route en novembre 1937: il était désormais possible de traduire en justice les automobilistes qui avaient provoqué un accident, mais aussi celles et ceux qui se comportaient de manière imprudente (sans être à l’origine d’un drame). Cette modification n’a pas eu l’effet escompté; face à la stagnation des taux d’accidents de la circulation, le régime est donc allé encore plus loin: en mai 1939, il a réimposé une limite de 60 km/h en agglomération et de 90 km/h sur les routes (autobahn comprise). En novembre 1939, après le début de ce qui devait devenir la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement d’Hitler a réduit la limitation de vitesse sur les autoroutes à 80 km/h de manière à préserver l’essence pour l’effort de guerre –mais l’initiative initiale visait bel et bien à sauver des vies, souci rarement associé à l’action du Fürher.



Voilà comment l'idéologie Nazie c'est mis en place. Mais la Seconde Guerre Mondiale pris fin et avec elle la fin du régime Nazi.



Et c'est là, qu'après un récit historique que nous répondons à notre interrogation, pourquoi il n'y a pas, ou plus eut de limitation de vitesse sur les die Autobahnen ?



L'Allemagne vaincue, une nouvelle administration est mise en place et les signes du passé doivent disparaitre pour laisser place à une nouvelle histoire. L'autobahn étant une image de la croissance du Nazisme et de les règles qui était appliquées dessus devaient être abolies avec elle. C'est alors que tout simplement qu'en 1951 on a supprimé la limitation de vitesse sur les die Autobahnen.


Il faut dire qu'à l'époque les véhicules n'étaient guère aussi puissants que de nos jours et que les temps passent. Le législateur allemand reviendra en parti sur cette décision, mais au pays de la voiture on ne peut pas déroger au plaisir de ces utilisateurs.



Ainsi, de nos jours, 66% du réseau autoroutier allemand reste illimité. Le reste du réseau est depuis 2019 limité à 130 km/h (et dans de rares cas 100 km/h). Cependant, la décision de réinstaurer la limitation de vitesse sur l'autobahn n'est pas dans but de baisser le nombre d'accident sur les autoroutes, mais de baisser l'émission de gaz carbonique dans l'atmosphère. Ceci dit, en réalité, il na s'agit même pas d'une interdiction, mais d'une recommandation, alors si vous dépassez les 130km/h vous ne serrez pas verbalisé.



Certains tronçons sont également équipés de panneaux électroniques qui régulent la vitesse selon le trafic ou la météo (panneaux "80 bei Nässe").