• COCKPIT

Chrysler Thunderbolt Concept de 1940



Après le cuisant échec commercial de l’Airflow en 1934, Chrysler était revenu à des conceptions sages et classiques pour ces modèles de série. Cependant, lorsque Harley Earl de General Motors ouvre avec succès la voie des « dream-cars » en 1938 avec son concept Y-Job, KT Keller, le successeur de Walter P. Chrysler, engage à son tour ses stylistes pour concevoir « la voiture du futur ». La Chrysler Thunderbolt sera dévoilée au Salon de New York en 1940 auprès d’un autre concept, la Chrysler Newport.



Après la démission de Walter P. Chrysler en 1938, KT Keller, en prenant la direction de la société, affirme officiellement, que contrairement au créateur de la marque, il croit au potentiel publicitaire des véhicules avant-gardistes. En 1939, il demande aux designers du studio LeBaron de la Briggs Manufacturing de réaliser deux véhicules hors du commun destinés à une importante tournée promotionnelle des grands salons de l’auto et des salles d’exposition des concessionnaires. La Thunderbolt sera dessinée par Alex Tremulis, le futur designer de la légendaire Tucker Torpedo.


La carrosserie presque entièrement en aluminium de ce cabriolet (à l'exception du capot en acier et du couvercle du coffre) se distingue par sa forme aérodynamique et enveloppante, ses phares escamotables dans le style de la Cord, ses roues enfermées et l’absence apparente de calandre et d’entrées d’air (elles étaient habilement situées sous le pare-chocs avant). Le système d’ouverture et de fermeture de son toit rigide est inspiré de la Peugeot 402 Eclipse de 1935. Il est commandé électriquement par un bouton-poussoir situé à l’arrière de la banquette à trois places. Il s’agit d’une conception très complexe, qu’on ne reverra pas avant l’arrivée de la Ford Fairlane 500 Skyliner en 1957. L’accès au coffre est ordonné par un mécanisme de couvercle glissant et le verrouillage à poussoir des portes et les lève-vitres sont à commande hydraulique. La Thunderbolt est aussi la première automobile de l’histoire à avoir des cadrans rétro-éclairés. Le design de son pare-brise incurvé était également novateur. Sa courbure n’avait jamais été utilisée sur une automobile jusqu'alors et mettait au défi les fabricants. Cette caractéristique unique n'apparaitra sur les voitures de production qu’au début des années 1950.



Sous la carrosserie de la Thunderbolt, se dissimulent le châssis standard C-26, les organes roulant de la Chrysler New Yorker et le moteur 8-cylindres en ligne de 5.3 litres de la C-27 Crown Imperial, du type « Spitfire » de 140 chevaux, qui autorise une vitesse de pointe de 160 km/h. 

La conception et la construction de la voiture ont tellement impressionné KT. Keller, qu'il a demandé au capitaine britannique George Eyston, d’utiliser le nom ‘Thunderbolt’ en hommage à son bolide qui venait de pulvériser un record de vitesse, 357.53 mph soit 575,39 km/h, sur le lac salé de Bonneville, en Utah, le 15 Septembre 1938. L’engin de 7 tonnes était propulsé par deux moteurs douze cylindres Rolls-Royce.



Une fois complétées, les cinq uniques Thunderbolt sont alors envoyées aux quatre coins de l’Amérique du Nord, dans une grande tournée promotionnelle. Elles sont exposées chez divers concessionnaires locaux pour promouvoir la marque Chrysler comme fabricant de voitures d'avant-garde. Elles attirent des foules énormes. A Sacramento, en Californie, un concessionnaire Chrysler a reçu 8.500 visiteurs en une seule journée. Un week-end d'hiver à Denver la Thunderbolt exposée en vitrine d'un concessionnaire a attiré 29.000 visiteurs qui ont bravé la neige et la grêle pour voir la création de Chrysler ! 


Après leurs heures de gloire, les Chrysler Thunderbolt sont vendues à des particuliers, un bien meilleur sort que bon nombre de concept-cars des années 1950 qui finissaient à la casse. À ce jour, quatre des Thunderbolt ont survécu dont un exemplaire exposé au musée Walter P. Chrysler à Detroit.


Quelques Chrysler Thunderbolt connues : pour la plus part dans des collections privées


- Numéro de châssis inconnu, numéro de moteur C33-1001, qui aurait été le premier Newport construit. Anciennement propriété de Paul Stern, puis plus tard de Buzz Reinhardt, Tom Barrett, Russel Head et Joseph Cassini. Apparu à Pebble Beach en 1978, 1980 et 2009. Vendu à RM Amelia Island en 2004 pour 363 000 $, à RM Arizona en 2008 pour 748 000 $ et à Gooding Scottsdale en 2011 pour 1 017 500 $. Crème avec intérieur en cuir rouge.


- Numéro de châssis 7807503, numéro de moteur C33-1002, pace car Indy 500. D'abord propriété de Walter P. Chrysler Jr., puis de David Caldwell (août 1959 à septembre 1989), anciennement propriété de la collection Ramshead. Vendue chez RM Amelia en 2009 pour 687 500 $, offerte chez RM Amelia en 2012 mais ne s'est pas vendue, vendue chez RM Don Davis en 2013 pour 880 000 $. Phares fixes, champagne avec intérieur marron (auparavant peint en vert écume de mer).


* Numéro de châssis 7807827, numéro de moteur 4321290. Propriété à l'origine de Henry J. "Bob" Topping, playboy millionnaire et mari de l'actrice Lana Turner, plus tard propriété de William Harrah, actuellement dans la collection du National Automobile Museum de Reno. Rouge avec intérieur blanc (auparavant peint en vert avec intérieur blanc). À un moment donné, propriété de Red Harris à Pittsburgh.




0 commentaire

Posts récents

Voir tout