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Feux de circulation : les Japonais sont ils daltoniens ?

Dans le monde entier on connait les couleurs de feux tricolores de circulation avec les trois couleurs : Vert, Orange et Rouge... sauf au Japon où ils sont Bleu, Jaune et Rouge. Pourquoi ?



Enracinés dans la réglementation de la circulation ferroviaire, les feux de circulation pour les véhicules routiers sont apparus pour la première fois aux États-Unis en 1912 à Salt Lake City. C'est une invention de Lester Wire, officier de police de la ville. Il est jaune et composé de lentilles rouges et vertes inspirées des couleurs utilisées en marine et dans les chemins de fer. La compagnie américaine American Traffic Signal Company a ensuite adopté son idée et a commencé à l'installer dans le pays à partir de 1914, d'abord à Cleveland, puis à New-York et à Detroit. A l'époque, les signaux étaient à deux couleurs seulement (rouge et vert) et étaient commandés manuellement par un policier installé dans une cabine. De plus, une sonnerie se faisait entendre lors des changements pour avertir les automobilistes.


En 1920, les premiers feux tricolores électriques ont été installés et quelques années plus tard, en 1923, ils ont commencés à apparaître sur le sol européen. L’installation de feux tricolores avait bien sûr pour but de faciliter la régulation de la circulation des véhicules sur les routes et d’améliorer les niveaux de sécurité, puisque le nombre de véhicules en circulation avait augmenté à un point tel que l’utilisation des feux tricolores était impérative.

Les couleurs utilisées aux feux de circulation en Grèce sont déterminées par la Convention internationale de Vienne sur la circulation routière de 1968, qui a été signée par un total de 71 États. Cette Convention avait pour objet d'adopter un traité international destiné à faciliter la circulation routière internationale et à accroître la sécurité routière en établissant des règles de circulation uniformes entre les parties contractantes.



Parmi les signataires, il n’y a pas le Japon Au Japon, les panneaux de signalisation routière (道路標識, dōro-hyōshiki?) sont officiellement normés dans le « Décret sur les panneaux de signalisation et les marquages routiers » (道路標識、区画線及び道路標示に関する命令) publié en 1968. Il s'inspire en grande partie du « Décret sur la standardisation des panneaux routiers » publié par le département de la police métropolitaine de Tokyo en 1938 et du « Décret sur les panneaux routiers » du Ministère de l'Intérieur publié en 1942.


Bref! un petit tour historique pour pouvoir répondre à la question du Jour : Les Japonais sont ils daltoniens pour avoir mis des feux tricolores : Bleu, Jaune et Rouge ?


La raison pour laquelle le Japon utilise à la fois le bleu ou le vert-bleu au lieu du vert dans ses feux de signalisation, provient de la traduction japonaise du traité de la Convention internationale de Vienne sur la circulation routière de 1968. Dans la traduction de ce traité qui définissait les normes de la Convention de Vienne, était l’absence d’un mot séparé dans la langue japonaise pour les couleurs bleue et verte, les Japonais utilisant le même mot (ao) pour le bleu et le vert !



Ao, un des plus anciens mots désignant une couleur en japonais, recouvrait autrefois de larges nuances. Ainsi, il peut servir à qualifier le vert vif de la nouvelle végétation au début de l’été. De la même manière, citons les termes aoba (nouvelles feuilles), aona (légumes verts à feuilles), aomame (pois ou haricots de soja verts), ou encore la préfecture d’Aomori, dont le nom viendrait semble-t-il d'une forêt (mori) de pins qui recouvrait la petite colline où se situe désormais le siège de la préfecture. Historiquement, Ao aurait également été utilisé pour désigner une palette de nuances encore plus large, incluant le noir, le blanc ou le gris.

Ces significations changeantes d’un même mot dans un passé lointain peuvent tout autant fasciner que prêter à confusion. Selon les plus anciennes archives sur le langage japonais, les mots ao et aka (rouge) étaient associés à l’idée de clarté. Tandis que kuro (noir) traduisait l’obscurité et shiro (blanc) la lumière, ao et aka se situaient entre les deux, ao pour une nuance plus sombre, et aka pour une nuance plus claire. Kuro et kurai (sombre) partagent la même racine étymologique ; aka, lui, est lié au mot akarui, qui signifie « clair ».

La signification de ces termes a évolué avec le temps, mais le mot ao est resté pour désigner la couleur verte des feux tricolores du Japon. Le tout premier feu de signalisation, importé des États-Unis, fut installé dans le quartier de Hibiya, à Tokyo, en 1930. À l’origine, la législation décida de désigner le feu vert avec le terme midori, mais l’opinion publique insista pour le changer en ao. Il en est ainsi depuis lors. En 1947, le terme « feu vert » fut inscrit dans la loi japonaise sous le nom officiel de ao shingô.

Cependant, les efforts du Pays du Soleil Levant pour se rapprocher des normes internationales ont commencé à changer la couleur des feux de circulation, ajoutant de plus en plus de verdure.

Après des désaccords entre linguistes en 1973 sur le mauvais mot utilisé dans les documents officiels de l’État, le gouvernement japonais a résolu le problème de la manière la moins orthodoxe. Au lieu de changer le mot « ao » en mot « midori », afin de mettre fin une fois pour toutes à ce problème, par un décret pertinent, il a décidé d’utiliser une couleur verte sur les feux de circulation contenant autant de bleu que possible.

Pour le feu orange, il peut être jaune ou orange ça dépend des pays ils me semble, au Japon il l'appelle "feu jaune" (黄色信号) mais bon il tire aussi un peu sur l'orange.

Ainsi, bien que les feux de circulation au Japon apparaissent bleus et jaune dans de nombreux cas, ils sont en fait verts et orange, et ont exactement la même signification que le feu de circulation vert partout ailleurs dans le monde.



Autre particularité des feux de circulation au Japon, c'est qu'ils sont placés horizontalement au lieu que traditionnellement vertical.


Les panneaux de circulation ne sont pas en reste, fier de leur culture, les Japonais n'hésitent pas à faire quelques fantaisies dans leurs signalisations.



En conclusion :

Non les Japonais ne sont pas daltoniens, mais ils ont une langue nuancée.


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